14.04.2008
demi-finale

Dans le dédale de nos vies remplies, tantôt par des évenements cruciaux, tantôt par des futilités, je m'étais oublié de venir jusqu'ici; au moins pour donner de mes nouvelles, par politesse quoi...
Figurez-vous que mes apprentis danseurs, dont (je vous le rappelle) je suis le moniteur, ont allègrement remporté quelques joutes inter-départementales et se sont vu proposer avec fierté, le droit de participer à la 1/2 finale du cômité DROME/ARDECHE niveau Honneur. Rendez-vous compte, une DEMI-FINALE !
A l'heure ou certains s'entre-déchirent autour du pouvoir d'achat, voire de la présence française à la future kermesse chinoise ou encore, sur le prix des matières premières alimentaires (que les grands philanthropes de ce monde sont en train de fixer), nous allions participer à la demi-finale !!! (après s'être mis en cercle, se tenant par les épaules et sautillant en entonnant: on est en demi, on est en demi)
C'était le 6 avril 2008, nous nous sommes vautrés. Les autres iront en finale (après s'être mis en cercle, se tenant par les épaules et sautillant en entonnant: on est en finale, on est en finale !!!)
Je suis effondré... et il y a toujours pleins de pékins en prison...
à très bientôt.
09:25 Publié dans c'est le printemps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.02.2008
plouf !!!

Qu’il était beau… suspendu dans les airs, en lévitation dynamique, les yeux fixés sur l’offrande qu'il venait d'envoyer à son compère de la paire, ce numéro 10 complice de toutes les combines, de toutes les mauvaises passes, ce frère de charnière dont il ne se séparait que de temps en temps, pour aller faire sauter le verrou d’un côté que tout le monde supposait fermé. Bref, qu’il était beau dans ce geste ultime, ce plongeon suprême, permettant de faire survivre le ballon, de l’extraire de cette fange boueuse, issue d’un morceau terrain que le monstre à 16 pattes s’était chargé de labourer, dans une lutte sauvage contre les autres, les frères ennemis, qui eux aussi auraient bien voulu offrir à leurs lutins de derrière ce précieux morceau de cuir.
Mais alors que tout le monde (joueurs, arbitres et spectateurs) avaient leurs yeux kidnappés par le ballon, saisi par le suspens d’une attaque en ligne ou dans l’attente d’un geste de funambule d’un ¾ en liberté, notre homme, abandonné par ses compagnons de joute, perdait alors toute son importance. Oubliant son corps, le boulot accompli, il allait s’aplatir comme une grosse merde dans la première flaque, telle la bouse d’un taureau andalou sentant bien que le guignol à cheval qui s’agite devant lui n’est pas là pour l’inviter à de sympathiques agapes. Le ballon était déjà bien loin, il ne lui restait plus qu’à se relever ruisselant de terre liquide, les bras ballants ; Pendant tout ce temps, le jeu s’était poursuivi; maintenant il y avait « touche ». C’était pire……
19:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2008
le trou

Qu’il était beau, le ballon sous le bras, l’index pointé vers la cible, tel le sage chinois montrant la lune ! Négligeant immédiatement l’arbitre qui, à son tour, désignait les poteaux d’un mouvement circulaire des 2 bras, déclenchant la course effrénée de ses 2 compères derrière les poteaux, les désignant officiellement juges de paix, témoins visuels officiels de l’atteinte éventuelle de la cible par la future ogive.
Investi d’une lourde tâche, l’esprit sublimé par une concentration digne d’un bonze shaolin assis, nu sur des braises fumantes, notre tireur d’élite, tête baissée vers le sol, se mettait en action après une analyse géométrique et géologique rapide du petit périmètre indiqué par l’arbitre, lieu du délit ayant engendré la sanction. L’homme allait relever le défi de faire tenir ce satané ballon ovale dans une position défiant les lois de la gravité chère à notre ami Newton (qui ceci-dit aurait fait un sacré demi de mêlée). Le challenge était colossal ; il fallait faire tenir le ballon sur la pointe !
C’est alors que notre surhomme se mettait en action, entrant dans une danse quasi mystique, tournant autour du lieu où il allait poser son obus, en frappant le sol du talon de façon énergique (souvent en gardant le ballon sous le bras, craignant peut-être qu’on le lui dérobe, bien qu’à part l’arbitre, tout le monde avait déserté la zone, le faisant apparaître comme le centre du monde). Après plusieurs pas de cette danse primitive, il en regardait le fruit et là, dans une précision chirurgicale, il tapotait de la pointe d’un pied de ballerine la zone en question, la façonnant à sa guise, toujours en tournant autour de ce totem invisible. Quelques fois, quand notre sorcier le jugeait nécessaire, il s’accroupissait lentement et par quelques mouvements digitaux de potiers drômois, il pétrissait ce lieu sacré, le transformant en une matrice maternelle, prête à accueillir ce cuir si précieux, tel un écrin feutré pour le plus beau des diamants. Jugeant son devoir accompli, il saisissait des 2 mains son lingot ; et là, qu’il soit à Lourdes ou sur tous les autres terrains du monde, le miracle s’accomplissait : dans une gestuelle robotique, notre divin artilleur déposait son « sacré » dans l’autel préparé et le ballon restait droit, fier, défiant toutes forces obscures, dans un équilibre provisoire, prêt à s’élever dans les cieux. Restait alors à notre canonnier à effectuer le dernier réglage, loin de toutes technologies modernes et chiffrées ; D’un geste noble, il lançait dans l’air une touffe de brins d’herbe, préalablement ponctionnée dans ce périmètre sacré ; alors, Eole en frémissant, informait sur sa vigueur et sur sa route. Tel Guillaume, en reculant de quelques pas, l’homme pouvait se concentrer à sa dernière tache, l’atteinte de la cible…
Il était loin d’imaginer que des années plus tard, on odieux objet en plastique bariolé viendrait supplanter son écrin de terre et que la poésie de sa danse rituelle disparaîtrait dans le vrombissement… d’une voiture télécommandée.
18:35 Publié dans ces chers disparus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


