05.02.2008

plouf !!!

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Qu’il était beau… suspendu dans les airs, en lévitation dynamique, les yeux fixés sur l’offrande qu'il venait d'envoyer  à son compère de la paire, ce numéro 10 complice de toutes les combines, de toutes les mauvaises passes, ce frère de charnière dont il ne se séparait que de temps en temps, pour aller faire sauter le verrou d’un côté que tout le monde supposait fermé. Bref, qu’il était beau dans ce geste ultime, ce plongeon suprême, permettant de faire survivre le ballon, de l’extraire de cette fange boueuse, issue d’un morceau  terrain que le monstre à 16 pattes s’était chargé de labourer, dans une lutte sauvage contre les autres, les frères ennemis, qui eux aussi auraient bien voulu offrir à leurs lutins de derrière ce précieux morceau de cuir.

Mais alors que tout le monde (joueurs, arbitres et spectateurs) avaient leurs yeux kidnappés par le ballon, saisi par le suspens d’une attaque en ligne ou dans l’attente d’un geste de funambule d’un ¾ en liberté, notre homme, abandonné par ses compagnons de joute, perdait alors toute son importance. Oubliant son corps, le boulot accompli, il allait s’aplatir comme une grosse merde dans la première flaque, telle la bouse d’un taureau andalou sentant bien que le guignol à cheval qui s’agite devant lui n’est pas là pour l’inviter à de sympathiques agapes. Le ballon était déjà bien loin, il ne lui restait plus qu’à se relever ruisselant de terre liquide, les bras ballants ; Pendant tout ce temps, le jeu s’était poursuivi; maintenant il y avait « touche ».      C’était pire……

 

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